
Selon un rapport de la Cour des comptes publié le 19 mars 2025, la politique d'accès au logement pour les 18-30 ans souffre d'un manque de cohérence globale, favorisant davantage les étudiants que les jeunes actifs. Cette analyse met en lumière les disparités d'un système qui concerne pourtant 2,7 millions de jeunes bénéficiaires d'aides personnelles au logement, représentant un budget annuel de 4,4 milliards d'euros.
Taux Empruntis relevés le 04/04/2025
Une jeunesse urbaine particulièrement vulnérable
Les jeunes de 15-29 ans sont surreprésentés dans les zones urbaines denses (21,7 %) par rapport aux zones peu denses (12,2 %). Une concentration qui s'explique par leur mobilité accrue et leurs revenus plus faibles et instables que les autres classes d'âge. Recherchant principalement des logements urbains de petite surface pour de courtes durées en location, ils sont particulièrement exposés aux tensions immobilières. D’autant plus que les jeunes ont une capacité d’emprunt limitée, ce qui a tendance à les exclure du marché de l’acquisition immobilière.
La situation professionnelle influence fortement l'autonomie résidentielle : les plus diplômés accèdent plus rapidement à l'indépendance, y compris grâce à un soutien financier familial. Alors que 48 % des jeunes sans emploi vivent encore chez leurs parents cinq ans après la fin de leurs études, contre 28 % pour ceux en emploi. Les titulaires d'un CDI décohabitent également davantage que ceux en CDD.
L'enquête menée par la Cour des comptes auprès de plus de 1000 jeunes révèle que 60 % d'entre eux rencontrent des difficultés à se loger. Les principaux obstacles sont le niveau des loyers (68 %), le manque d'offres disponibles (38 %) et les refus des propriétaires (37 %), souvent liés aux garanties exigées.
Des inégalités entre étudiants et jeunes actifs
Le constat tiré par la Cour des comptes est plutôt clair : la politique publique semble privilégier les étudiants, qui disposent d'un parc de 385 000 logements en résidences universitaires, tandis que, selon une estimation de l’inspection générale de l’environnement et du développement durable, les foyers de jeunes travailleurs et les résidences sociales jeunes actifs offriraient 68 000 places, soit près de 4 fois moins. De plus, les modalités d'attribution des APL sont favorables aux étudiants : les revenus parentaux ne sont pas pris en compte dans le calcul, même lorsque l'étudiant est rattaché au foyer fiscal de ses parents. Ainsi, ces derniers représentent 60 % des bénéficiaires d'APL de moins de 30 ans, une proportion supérieure à leur poids démographique dans cette tranche d'âge.
Vers une meilleure coordination territoriale
La Cour des comptes recommande une meilleure coordination territoriale des politiques du logement pour les jeunes, actuellement "compartimentée en différents silos administratifs". Elle préconise aux ministères du Logement et de la Rénovation urbaine de capitaliser et diffuser les bonnes pratiques, tout en impliquant davantage les collectivités, l'État et les acteurs de terrain dans une approche plus cohérente et équitable.
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